20/04/15 : Parque Nacional Amboro

Publié le par FDT

Nous quittons l’altiplano ouest pour rentrer dans les vallées de transition tropicale. C’est une profusion de fruits, mandarines, citrons, bananes, papayes, ananas… vendus en bord de route, souvent par des enfants. Tout cela nous rappelle le Brésil.

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Les stations-services étant rares, le carburant, essence ou diesel, est vendu par des particuliers en bord de route. Nous effectuons donc encore nos pleins au bidon…de 10 litres cette fois.

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La route Cochabamba/Santa Cruz, pourtant axe principal, est en mauvais état et le trafic camion nous ralentit.

4H30 pour effectuer 190 km jusqu’à Villa Tunari où nous cherchons en vain une laverie pour nos 25 kg de linge sale. La plupart des habitants interrogés nous regardent avec de grands yeux, ne connaissant a prori pas le mot « lavanderia », ceux qui le connaissent nous répondent avec humour « en el rio !!! »…

Nous nous imaginons (une fraction de seconde…) passer la journée suivante à laver nos 25 kg de linge dans le rio du coin et attendre ensuite 2 jours qu’il sèche (par 70% d’humidité dans l’air…).

Mais un éclair de lucidité nous pousse à poursuivre notre route à la recherche d’une éventuelle laverie dans une éventuelle autre ville…

Nous passons la nuit juste avant Bulo Bulo, à 100 km de notre point d’arrivée, Buena Vista.

Juste après Bulo Bulo, contrôle de police. Ce groupe aidé de 5 chiens « renifleurs » est spécialisé dans la lutte contre les narcotrafiquants. Un policier (sans chien) inspecte minutieusement l’intérieur du camping-car : véritable recherche de drogue ou bien simple curiosité ?

A Yupacani, nouvelle recherche vaine de laverie…

S’ensuit un nouveau contrôle de police : papier du véhicule, de la douane, permis de conduire… Tout est en règle mais le policier nous demande une bouteille de coca-cola… Nous n’en avons pas...

Nous arrivons enfin à Buena Vista, charmant village à 1300 mètres, porte d’entrée nord du Parque Nacional Amboro. Le parc abrite le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux recensées sur une zone protégée, plus de 800, 120 espèces de mammifères dont la seule espèce d’ours d’Amérique latine (le jucumari), des singes, tapirs, fourmiliers, jaguars…

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Visite à l’office de tourisme. L’agent nous renseigne sur les possibilités de randonnées dans le parc obligatoirement avec guide, et nous met directement en contact avec la personne de la communauté à l’entrée du parc qui gère le logement en cabane, les repas et les guides, nous évitant de passer par les agences d’excursions, très coûteuses.

Rendez-vous est pris pour le surlendemain. A 6h30, nous quittons le camping-car stationné sur la place du village et prenons un taxi à Buena Vista : 3/4 d’heure pour effectuer les 32 km pour rejoindre le fleuve Mataracu, par une piste mi-ripio, mi-terre.

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Arrivée devant le fleuve, franchissable uniquement à pied ou en moto.

Plus que 11 km à effectuer à pied jusqu’au « campamento La Chonta »…

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Les abords du parc ont été malmenés par des paysans à la recherche de terres cultivables pour survivre. L’habitat est en bois avec des toits en branches de palmiers. Ici, pas d’électricité ni d’eau potable, c’est véritablement un bout du monde…

L’agriculture est de subsistance avec un système de troc, sans ventes de marchandises. Le climat trpical permet 2 récoltes de riz par an (3 récoltes par an si irrigation).

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De nombreuses terres ont été également achetées à bon prix aux paysans par de grandes entreprises forestières pour la plantation de teka, arbres à très bon rendement.

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6 traversées de rio et 3 Heures de marche plus tard, nous arrivons à la Chonta…les pieds mouillés…

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Nous découvrons le campamento au cœur de la forêt tropicale.

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Nous sommes accueillis par la Sra Rossi de la communauté voisine qui gère le site et découvrons notre « cabana » où nous passerons une nuit. C’est une cabane en bois datant de 2012 et financée partiellement par l’Union Européenne… Pas d’eau au robinet (la pompe du forage souterrain a cassé et les fonds manquent pour la réparer…) mais dans des baquets pour la douche… Idem pour la lumière de la salle de bain, c’est dorénavant à la bougie.

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La plupart de parcs nationaux de Bolivie dépendent des aides extérieures (associations, UE, Banque américaine de développement…) pour se développer. L’UE a aidé pendant 3 ans de 2010 à 2012 le parc Amboro, permettant la modernisation de ce campement et le financement de postes de guardaparques. Cependant, depuis l’arrêt de ces aides en 2012, la structure nationale des parcs nationaux n’est plus en mesure de financer tous les postes de guardaparques. Donc dans cette zone nord du parc, ce sont les guides qui assurent la surveillance du parc mais ne sont pas en mesure d’entretenir les sentiers. Les randonnées se font donc dans certaines zones à la machette pour se frayer un passage, d’autant plus que les touristes ne sont pas très nombreux, tant le parc est difficile d’accès.

Nous voilà repartis dès notre arrivée pour une balade vers la laguna pour observer des oiseaux.

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Et l’après-midi à la découverte des arbres de la selva

Bambous géants qui poussent de 5 cm par jour quand ils sont jeunes…

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Et palmier « randonneur » qui se déplace sur ses racines pour mieux capter la lumière. Certaines racines meurent d’un côté pour pousser de l’autre, ce qui lui permet de bouger… Lianes géantes.

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Le bibosi, arbre gigantesque

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Suivie d’une baignade dans un rio. Les moustiques nous dévorent à la sortie de l’eau…

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En fin de journée, nous observons les singes, les « monos martin », hauts perchés dans les arbres.

Après une nuit de repos, nous repartons au lever du jour dès 6H30 pour une nouvelle excursion.

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Jusqu’à un mirador surplombant le parc.

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Nous dégustons d’excellents avocats (palta) sous un avocatier sauvage de 25 mètres de haut…

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De nombreuses empreintes d’animaux, tapirs, ours andins… mais toujours très difficiles à apercevoir dans leur milieu naturel.

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L’arbre « el sangre del toro » dont la résine rouge servait à désinfecter les plaies.

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Et la coca sylvestre (différente de sa cousine la coca cultivée), dont les feuilles en maté (tisane) soulagent les maux d’estomac. Et les fourmis géantes à éviter absolument, leurs piqûres générant de fortes fièvres.

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Sur le sentier, nous sommes obligés à plusieurs reprises de courir pour éviter que de petites fourmis grimpent sur nos chaussures et nous piquent. Mais c’est incroyable la rapidité à laquelle ces bêtes montent sur nous et nous n’échapperons pas à leurs piqûres non dangereuses mais douloureuses…

Fin de la randonnée, il ne nous reste plus que… 11km de marche et 6 traversées de rio pour rejoindre notre taxi pour rentrer à Buena Vista.

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Nous nous régalons le long du chemin de mandarines, oranges et mêmes de délicieux gâteaux maison qu’une vielle dame vend devant chez elle. En Bolivie, mêmes les personnes très âgées continuent à travailler pour vivre.

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Après 2 jours de randonnées et plus de 30 km de marche, nous retrouvons le confort douillet (et oui, tout est relatif…) de notre camping-car.

Nous quittons Buena Vista pour rejondre Santa Cruz, à une centaine de km, capitale économique de la Bolivie. Nous traversons de vastes plaines fertiles d’élevages bovins, cultures de cannes à sucre, blé, riz… La découverte ces dernières années de gisements de gaz et de pétrole sur ce secteur a amplifié son boom économique. Cette zone est également connue pour le trafic de la coca…qui génère aussi de gros revenus.

Le développement économique se mesure également à la circulation automobile particulièrement dense à Santa Cruz. La ville moderne a été construite en 8 anneaux successifs autour de la ville ancienne

Une halte au superbe parc zoologique de Santa Cruz, récemment rénové, et lieu de conservation et de reproduction de nombreuses espèces, notamment des oiseaux en voie d’extinction comme la paraba frente roja.

Ara, paraja, toucans, iguanes… dans une immense volière à l’intérieur de laquelle nous circulons.

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Un toucan téméraire viendra même poser avec les enfants…

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Le majestueux condor des Andes, jusqu’à 5 mètres d’envergure.

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Fourmilier, singe, jacaré, gato onca, nandus…

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2 paresseux !

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Nous reprenons notre route, direction le salar d’Uyuni.

Quelques km après Santa Cruz, nous sommes arrêtés par la police « à corde ».

Les policiers mettent tout simplement une corde en travers de la route, qu’ils tendent quand ils veulent arrêter un véhicule… Ils ne se déplacent même pas pour contrôler le véhicule, le conducteur du véhicule stoppé doit descendre et se rendre au baraquement des policiers. Tout se passe dans leur cabane, à l’abri des regards.

Donc nous avons de nouveau à faire à la « Fuerza especial de lucha contra el narcotrafico »…

Manu descend du véhicule puis revient 10 minutes, l’air soucieux...

Le chef de police lui a tout d’abord demandé s’il disposait d’extincteur (nous en avons 2) puis d’une trousse à pharmacie (la nôtre va du simple pansement au traitement antibiotique pour une infection généralisée…), Manu a répondu par l’affirmative.

Ensuite, il lui a rédigé un papier, bidon bien sûr, d’autorisation de circuler sur cette route.

Et maintenant il lui demande 50 bolivianos (environ 7 euros) en contrepartie de cette autorisation de rouler !!! Manu est à cours d’argument, surtout en espagnol …

Humm, serait-ce de la corruption ???

Je descends du camping-car et explique au chef que nous avons déjà été contrôlé 5 fois (j’exagère un peu…) entre Cochabamba et Santa Cruz et qu’à aucun moment on ne nous a demandé quoi que ce soit comme autorisation de circulation ou argent (ça c’est vrai…).

L’autorisation de circulation du camping-car, c’est le papier des douanes, pour les personnes c’est le visa de l’émigration, et pour la route on s’est acquitté du péage (pour une route en plus pourrie, bon ça je ne lui ai pas dit…) !!!

Entre temps, devant nos yeux, un chauffeur de camion débarque dans la guitoune de police, dépose un litre de lait sur le bureau du chef, lui montre son permis puis repart aussi vite qu’il est arrivé !!!

Pauvres boliviens obligés d’apporter leur « offrande » à ces policiers véreux pour pouvoir tout simplement circuler…

Pendant ce temps, le chef me réitère ses arguments d’autorisation de circuler, je lui renvoie les miens puis, la situation s’enlisant, je sors ma dernière « arme » (jamais utilisée auparavant !!!) : « OK, on appelle le Consulat de France à Santa Cruz pour éclaircir la situation… » (avec notre téléphone bloqué depuis quelques jours sur « appels d’urgence uniquement » !!!).

Et au-delà de toutes mes espérances, le chef, dans la seconde qui suit, m’indique de repartir… La corde est baissée, nous nous hâtons de quitter les lieux…

Franchement écoeurant de voir ces policiers des forces spéciales, censés lutter contre les narcotrafiquants, racketter au quotidien de pauvres boliviens (et de très rares touristes...). Les narcotrafiquants peuvent dormir tranquilles !!!

Une centaines de km après, de nuit, nouveau contrôle de police « à corde »…

Nous sommes rassurés, le conducteur du camion devant nous ne sort pas avec un litre de lait sous le bras ou tout autre offrande…

Effectivement, le contrôle s’effectue sans problème…

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Puis un péage « à corde » tendue au travers de la route, classique...Les conducteurs doivent descendre du véhicule pour s’acquitter du péage (même système que la police…). Heureusement que le péage est bon marché, car voici l’état des routes sur lesquelles nous roulons régulièrement…

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Nous passons la nuit à Epizana avant de rejoindre Sucre pour une escale technique : laverie (enfin !!! on est maintenant à 35 kg de linge sale…), sciure, carburant (au bidon au prix bolivien…), soudure d’une pièce du porte-vélo… sans oublier les bons chocolats de Para Ty et la pizzeria !

Le lendemain, nous faisons escale aux thermes de Calerias (où nous avions passé 4 jours fin mars) pour une baignade, plein d’eau et nuit au calme. La communauté qui gère les thermes nous confie le site en nous demandant juste de fermer le cadenas en partant. C’est incroyable comme les boliviens font confiance, on l’avait déjà remarqué à plusieurs reprises.

Les enfants se gèrent les remplissages des bassins en déplaçant les pierres dans les canaux de circulation de l’eau chaude.

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Et nous voilà de retour à Uyuni le 1er mai pour visiter l’« immensité blanche »…

Publié dans Carnet de voyage

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Tarrit nat 17/05/2015 21:55

Moi j'en ai du coca.......